Cfsch

disponible

République – Nation

Projet de documentation et de pratique du collage militantiste en retraçant le chemin du trajet éponyme.

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année

2023

domaine

Print

outils

InDesign, Photoshop

format

Poster, Livre, Installation, Scénographie spatiale

type

Perso

les détails

Ce projet de soutenance traite de l’affichage sauvage militant comme manière de composer et de créer au sein de la rue, alors collective, et de façon partiellement inconsciente. Il y a dans l’affichage de rue une volonté de composer par l’emplacement du message, parfois inaccessible pour éviter le décrochage ou encore mis en évidence pour le faire prévaloir, donc susceptible d’être dégradé. L’arrachage est une action d’importance égale, c’est une forme de recomposition au sein de l’espace, mais également de nettoyage, de table rase, d’effacement de la mémoire collective.
Tout affichage sauvage est une valeur d’actualité politique sur un temps précis et un lieu donné, au travers de plusieurs facteurs: la densité d’affichage (plus au moins palpable selon les événements politiques), les messages des affichages (qui sont plus ou moins ciblés) et le format des affichages (graffitis par exemple, demandant plus d’efforts à effacer que les collages). L’affichage sauvage est une forme de Dazibao, une forme de mise à disposition de l’information en Chine, « un journal mural affiché dans les lieux publics ». Cet aspect est représenté dans une partie performative du projet, que l’on retrouve dans l’édition au travers de photographies. Après avoir fondé un corpus de textes en lien avec le militantisme et la rue, ceux ci ont été imprimés puis collés pour être affichés dans les rues du trajet éponyme. Le texte évoque alors le geste qu’il décrit, il le complète et le texte devient à son tour image.
Les autres photos qui apparaissent dans l’édition sont des scans d’un travail sur les photographies de collages. Pour incarner la rue au travers d’un objet, j’ai photographié tous les gestes d’expression militantistes sur le trajet; stickers, collages, affiches etc. J’ai alors imprimé toutes ces photographies après un travail de retouche, puis j’ai procédé à un affichage sauvage contrôlé. Avec les mêmes moyens et méthodes que l’affichage sauvage, j’ai collé puis arraché tour à tour chacune de ces photographies, puis exécuté un scan entre chaque action. Le principe étant de performer l’affichage et le décrochage au sein d’un même médium et traduire cette volonté de créer la mémoire collective perpétuellement éphémère.
Une autre facette de ce projet est visible par une installation. A nouveau, les photographies de diverses formes d’affichage sur ce trajet ont été imprimées, pour être collées une à une avec les méthodes de l’affichage de rue; balais, seau et colle à tapisserie ou de farine. Une fois la très large centaine de photos collées, il était exigé des spectateurs de déchirer l’oeuvre. La consigne devient alors une forme d’effacement forcé, d’acte collectif pour supprimer l’acte collectif. L’espace d’exposition, pourtant protégé, devient un espace de performance de rue et la rue devient un espace d’exposition.

Accrochage interactif.
Intérieur de l’édition (collage).
Intérieur de l’édition (texte).
Interaction avec l’accrochage.
Dos de l’édition.